Le retour
Toute bonne chose a une fin.
Ce voyage, je l’ai d’abord rêvé à l’automne dernier. Il s’est doucement imposé comme une évidence, presque comme un pèlerinage personnel. Une manière bien à moi de souligner l’arrivée de mes 60 ans. Soixante-six jours loin des miens, loin des repères familiers. Pourquoi 66 jours ? Parce que je suis né en 1966. Simple, logique… cartésien.
Car derrière mon côté artistique — celui qui s’exprime à travers la photographie et la musique — se cache aussi un esprit qui aime les chiffres, les structures, les symboles. Et vous allez voir, ce voyage en est rempli.
Le choix des destinations
Pourquoi ces trois pays ?
Parce que voyager, pour moi, ce n’est pas chercher le confort. C’est accepter d’être déstabilisé. C’est sortir volontairement de sa zone de confort pour mieux ressentir, mieux comprendre. J’ai toujours été attiré par les pays riches d’histoire, de culture, et surtout… de vie réelle. Pas celle des brochures lisses et parfaites, mais celle qui vibre dans les rues, dans les regards, dans le quotidien.
C’est ce qui m’a mené au Bangladesh. Le point de départ de ce périple. Là-bas, à Dhaka comme à Cox’s Bazar, les touristes se font rares. Je peux presque compter sur les doigts d’une main ceux que j’ai croisés. Mais ce que j’y ai trouvé dépasse tout le reste : une authenticité brute, une curiosité sincère, une chaleur humaine marquante.
Puis il y avait l’Inde. Un retour qui ne faisait aucun doute. Depuis mon premier voyage il y a deux ans, une promesse s’était installée en moi : revenir. Alors… chère Inde… promesse tenue. Et comme on dit, jamais deux sans trois ? Peut-être. Mais cette fois, je laisserai passer un peu de temps avant de revenir me perdre dans ton chaos fascinant.
Et enfin, le Népal. Un rêve d’adolescent. Un pays qui, à l’époque, avait quelque chose de mythique dans mon imaginaire. Bien avant la photographie. Bien avant que je comprenne que ces lieux seraient un terrain de jeu incroyable pour mon regard. Katmandou m’appelait depuis longtemps. Et ce passage vers une nouvelle décennie de ma vie semblait être le moment parfait.
Ce fut mémorable. Mais pas forcément comme je l’avais imaginé. Mon trekking en montagne en est la preuve…
Des chiffres
Je vous l’avais dit : mon côté cartésien n’est jamais bien loin.
Alors voici ce voyage, raconté autrement.
Dans les airs :
17 segments de vol, environ 56 heures passées entre deux mondes, 14 aéroports traversés et 7 compagnies aériennes.
Sur terre :
12 villes, réparties dans 3 pays.
741 kilomètres parcourus à pied.
Environ 1 228 250 pas.
L’équivalent de 832 étages gravis… mes mollets s’en souviennent encore.
Et 16 heures de bus, parfois dans des conditions… disons, mémorables.
Derrière l’écran :
Plus de 90 heures d’écriture.
38 articles.
420 scènes de vie captées.
Des instants figés à Dhaka, Cox’s Bazar, Kolkata, Mumbai, Goa, Kochi, Alleppey, Varanasi, Katmandou, Chitwan, Pokhara… et enfin Delhi.
Delhi, d’où j’écris ces lignes.
Dans quelques heures, je quitterai cette ville pour rentrer chez moi.
Montréal m’attend. Encore près de 20 heures de voyage… avant de poser le pied là où tout a commencé.
Résumé en photo
Avant de refermer ce chapitre, je veux simplement dire merci.
Merci d’avoir pris le temps de me lire.
Merci pour vos commentaires, vos messages, vos encouragements.
Quand on voyage seul, ces petits moments d’échange prennent une importance immense. Ils deviennent un fil invisible qui nous relie à notre quotidien, à ceux qu’on aime, à la vie laissée derrière — temporairement.
J’espère que, à travers ces mots et ces images, vous aurez ressenti un peu de ce que j’ai vécu. Et peut-être… qu’une petite étincelle s’allumera. Celle qui donne envie de partir, d’explorer, de sortir du cadre.
De laisser les excuses derrière soi.
Je vous partage ici douze dernières photos. Une par ville. Douze fragments de vie. Simples. Authentiques. À l’image de ce voyage.
Merci.