Bhaktapur
Dans mon article précédent, je vous parlais des Durbar Square, ces places royales emblématiques de la vallée de Katmandou. J’en avais déjà exploré deux sur trois. La dernière, à Patan, s’était laissée désirer. La pluie, le froid… une visite un peu plus rude que prévue. Comme si la météo avait décidé de me rappeler que tout ne pouvait pas toujours être parfait.
De retour dans ma petite chambre de maison d’hôte à Katmandou, j’avais presque l’impression que mère Nature me faisait la leçon, après tant de journées baignées de soleil depuis le début de mon périple. La pluie a persisté toute la soirée, une bonne partie de la nuit, martelant doucement les fenêtres comme pour appuyer son message.
Mais au matin, tout avait changé.
J’ouvre un œil… puis l’autre. Je m’attendais à une lumière timide, filtrant à peine à travers la fenêtre. Au lieu de ça, une douce lueur dorée baignait déjà la pièce, dansant sur les murs. Dehors, les oiseaux semblaient s’être donné le mot.
« Bon matin Michel, aujourd’hui, c’est ta journée. »
Je bondis hors du lit, prêt à partir à l’aventure. Direction la douche… douche froide, littéralement. Pas d’eau chaude. Un léger moment d’hésitation — très léger. Ce n’est certainement pas quelques degrés en moins qui vont freiner mon enthousiasme.
Aujourd’hui, cap sur Bhaktapur.
Bus ou taxi ?
Après mon expérience… disons mémorable de la veille, la question méritait réflexion. Bhaktapur se trouve à une vingtaine de kilomètres de Katmandou — trop loin pour y aller à pied, même avec la meilleure volonté du monde.
Le bus chaotique de mon précédent trajet me revient en tête. Le taxi, lui, ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable non plus. Bref, deux options… et aucune qui me faisait réellement envie.
Je décide quand même de redonner une chance au bus.
Et contre toute attente, excellente décision.
Le trajet est plus fluide, moins bondé, presque agréable. Comme quoi, il suffit parfois d’un peu de chance… ou d’un bon karma matinal.
Un musée à ciel ouvert
À peine arrivé, je me dirige vers le centre historique. Une dizaine de minutes de marche depuis le terminus. Mais déjà, quelque chose est différent.
L’atmosphère.
Le rythme.
L’architecture.
Bhaktapur ne ressemble pas à Katmandou. Elle se vit autrement.
Et puis j’y suis.
Le Durbar Square.
Même seul, un « wow » m’échappe spontanément. Impossible de retenir cette réaction. Devant moi, les temples se dressent, majestueux. La lumière du matin caresse les briques rouges et le bois sculpté. Et surtout… il n’y a presque personne.
Ce silence, cette immensité, cette lumière — tout s’aligne pour créer un moment suspendu.
Je le sens immédiatement : je vais me plaire ici.
La place des potiers
Quelques minutes plus tard, une découverte inattendue vient enrichir la journée. Un endroit que je n’avais même pas repéré dans mes recherches : le Pottery Square, aussi appelé Bolachha Tole.
Un véritable musée vivant.
Ici, les artisans perpétuent des techniques ancestrales. Il suffit de quitter la place principale et de s’aventurer dans les petites cours intérieures pour les observer au travail. Des gestes précis, répétés, presque méditatifs.
Sur la grande place, des centaines de pièces d’argile sèchent au soleil. Elles attendent patiemment leur passage dans les fours traditionnels, recouverts de paille.
Le temps semble s’être arrêté.
Se perdre pour mieux trouver
Je termine cette journée comme j’aime tant le faire : en me perdant volontairement dans les ruelles. Le GPS bien rangé au fond de la poche.
Quand tout va bien, il faut savoir lâcher prise… et simplement suivre son instinct.
Et pour couronner le tout, je retente ma chance avec le bus pour le retour vers Katmandou. Encore une fois, le bon choix.
Comme quoi, certaines journées s’alignent parfaitement, du début à la fin.
Je vous laisse avec quelques images de cette magnifique escapade. J’ai même osé capturer quelques paysages — chose plutôt rare depuis le début de ce voyage.
Et demain…
Demain s’annonce comme une journée très HAUTE en émotions.
On s’en reparle très bientôt. ✨