Mes anciennes amours
Ma vie sentimentale?
Rassurez-vous, ce n’est pas au programme du jour. Et de toute façon, l’article serait probablement beaucoup trop court.
Non, aujourd’hui je vous parle plutôt de mes retrouvailles avec la photographie noir et blanc, un style qui m’a longtemps accompagné dans ma pratique de la photographie de rue.
Depuis mon voyage en Inde il y a deux ans, puis au Vietnam l’an dernier, j’avais quelque peu délaissé cette approche qui m’était pourtant si chère. La raison est simple : comment résister aux couleurs spectaculaires qui explosent dans les rues de ces pays? Les saris éclatants, les marchés débordant de pigments, les façades pastel baignées de lumière… Dans de tels décors, la couleur devient presque une évidence.
Et avec raison.
Mais aujourd’hui, j’avais envie de renouer avec une vieille histoire.
Challenge du jour
Voyager loin et longtemps est une chose.
Mais se lancer de petits défis en cours de route est souvent la meilleure façon de rester curieux, attentif… vivant.
Alors ce matin, je pars à la chasse aux images.
Pas de destination précise.
Pas d’itinéraire tracé…et surtout juste du noir et blanc!
Pour mon dernier jour ici à Mumbai, la lumière sera ma seule boussole. Elle guidera mes pas dans les petites rues, au hasard des rencontres et des scènes qui apparaîtront devant mon objectif.
Pourquoi le noir et blanc?
C’est une question que l’on me pose souvent.
En réalité, tout se joue dans l’instant.
C’est la scène elle-même qui impose sa réponse.
Parfois, la couleur n’apporte rien de particulier à ce qui se déroule dans mon viseur. Dans ce cas, je la laisse simplement de côté.
D’autres fois, l’émotion est si forte que la couleur ne ferait que détourner l’attention de l’histoire que j’essaie de raconter.
Et puis il y a ces moments où le soleil s’en mêle…
Lorsque la lumière tranche brutalement les ruelles et que les ombres profondes rencontrent des éclats lumineux furtifs. Dans ces instants-là, les contrastes deviennent les véritables acteurs de la scène et la couleur devient presque superflue.
Toutes ces raisons se mêlent, se superposent…
mais au fond, la vérité est peut-être plus simple :
j’aime profondément le noir et blanc.
Un au revoir, pas un adieu
Ce séjour à Mumbai aura été une révélation.
Mes attentes ont été largement dépassées.
La ville m’a surpris, bousculé, inspiré.
Mais surtout, elle m’a laissé avec une certitude :
on ne vit pas Mumbai en un seul séjour.
Alors pour l’instant, je lui dis simplement au revoir.
Car demain, je mets le cap vers le sud.
Direction : Goa.