Sortir de sa zone de confort

Avant chaque départ, je plonge.
Je plonge dans les guides, les blogs, les cartes, les photos… je creuse, je fouille, j’anticipe. J’essaie de me construire une idée du lieu avant même d’y poser le pied. Et pourtant, malgré toutes ces recherches, la réalité trouve toujours une façon de me surprendre.

Le sud de l’Inde m’appelait depuis longtemps. Une culture différente, des saveurs nouvelles, des paysages qui promettaient de rompre avec mes repères. Sur papier, tout y était. Mais une fois sur place, quelque chose m’a déstabilisé… moi, le photographe de rue habitué à me fondre dans l’effervescence.

Dans les grandes villes, chaque coin de rue est une scène vivante. Les gens bougent, vivent, interagissent, et moi je me glisse dans cet instant, presque invisible. Ici, à Goa, c’est une autre histoire.

Adaptation

Goa, posé sur la côte ouest de l’Inde, s’étire le long de la mer d’Arabie. Des kilomètres de plages baignées de lumière, bordées de bars, de restaurants et de boutiques de souvenirs alignées comme un décor sans fin. Ici, le rythme ralentit… mais l’attention, elle, se concentre.

À peine un regard posé quelque part, et déjà quelqu’un s’approche.
Bracelets, t-shirts, souvenirs en tout genre…
« Taxi? Taxi? »

Dans cet environnement, impossible de passer inaperçu.
Pour une fois, ce n’est plus moi qui observe. C’est moi qu’on observe.

Alors il faut s’adapter.

Changer de regard.
Changer de rythme.

Marcher longtemps sur ces plages infinies à la recherche de scènes différentes, inattendues. Lever les yeux vers les enseignes lumineuses qui s’illuminent à la tombée du jour, capturer ces éclats de couleurs qui tranchent avec la douceur ambiante.

Et puis, comme toujours, il y a les échappées.
Ces petites rues que personne ne remarque.
Ces marchés discrets, ces jeux d’ombres et de lumières, ces contrastes bruts qui restent, encore et toujours, mon terrain de jeu favori.

Il faut chercher un peu plus. Insister. Improviser.
S’en remettre au système D — déplacement, détour, dérive.

Mais au fond, ce voyage n’a pas été qu’une quête d’images.

Goa m’a offert autre chose.

Une pause.

Le temps, ce n’est pas quelque chose qu’on possède… c’est quelque chose qu’on décide de prendre. Et ici, j’ai choisi de le prendre. Vraiment.

Ralentir. Respirer.
Les pieds dans le sable, une Kingfisher bien froide à la main, et rien d’autre à faire que d’être là.

Simplement là.

Voici donc un méli-mélo de mes trouvailles à Goa — entre adaptation et lâcher-prise.

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