Up and down

Pour clore ce séjour écourté au Népal, j’ai posé mes valises quelques jours à Pokhara. Une escale qui, pour la première fois depuis le début de ce long périple, aura suivi une courbe… irrégulière. En dents de scie, pour être honnête.

Si vous avez lu mon dernier article, vous savez déjà que j’ai légèrement chamboulé mon itinéraire. Peut-être est-ce pour cela que, dès mon arrivée, cette étincelle habituelle — celle qui accompagne chaque nouvelle ville — a mis du temps à s’allumer. Mon esprit, lui, était déjà ailleurs. Déjà tourné vers la destination finale de ce voyage. Je vous en parlerai à la fin de ce texte…

La grogne

Le lendemain matin, fidèle à mes habitudes, je pars explorer un coin à l’écart des sentiers touristiques : le vieux bazar de Pokhara. Le soleil est au rendez-vous, la température flirte avec les 28 degrés, adoucie par une brise matinale presque complice. Tout est en place pour une belle journée.

Le taxi me dépose à l’entrée du quartier. Le décor m’intrigue immédiatement. Les textures, les couleurs, l’authenticité… tout y est. Mais les acteurs, eux, sont plus réservés. Ici, on se laisse moins facilement photographier. Et comme souvent dans ces endroits, je suis le seul étranger à des kilomètres à la ronde. Autant dire que l’effet de surprise disparaît aussitôt. Les regards me suivent, les scènes se figent… et mon projet de photos prises sur le vif s’effrite doucement.

Je déambule malgré tout, capturant quelques images au passage, quand soudain… mon corps décide de reprendre le contrôle. Mon déjeuner refait surface sans ménagement. Mon estomac gronde. Fort. Très fort.

Pas besoin de longs discours : repli stratégique vers l’hôtel. Quelques arrêts en chemin, disons… nécessaires. Le reste de la journée se passe au ralenti, entre hydratation, médicaments et attente.

Mauvais temps

Comme si cela ne suffisait pas, le lendemain, c’est au tour de la météo de s’inviter dans la danse. Ciel gris. Pluie. Puis déluge. Puis encore pluie.

Mais rester enfermé n’a jamais été mon fort. Alors dès que les nuages desserrent un peu leur étreinte, je pars marcher le long du lac Phewa, véritable cœur vibrant de la ville.

De Damside jusqu’à Lakeside — royaume des voyageurs — puis jusqu’à la pointe sud, plus paisible, où les amateurs de parapente colorent le ciel entre deux éclaircies. Trois jours à composer avec les caprices de dame nature, à saisir ces instants volés entre deux averses.

D’un chaos à l’autre

Demain, je quitte ce décor pour retrouver quelque chose de familier.

Mon voyage avait commencé dans le tumulte de Dhaka, un chaos que j’ai appris à apprivoiser… et que je reverrai, c’est certain. Et comme un clin d’œil du destin, je m’apprête à replonger dans une autre forme de désordre : Delhi.

Oui, retour en Inde. Un pays où, contre toute attente, je me sens bien. Mais aussi un passage obligé pour la logistique de mon vol de retour… en espérant que rien ne vienne perturber ce trajet, surtout pas les tensions actuelles du côté de Iran. Mon itinéraire passe par Dubaï.

Avant de retrouver ce paradis pour photographes de rue, il me reste tout de même quelques images à partager. Malgré les imprévus, Pokhara m’a offert, elle aussi, ses moments suspendus.

On se retrouve très bientôt, cette fois depuis Delhi — où, je le pressens, l’inspiration sera de nouveau au rendez-vous.

Jhad hee phir milenge! (À bientôt!)

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