La vie le long des rails

L’un des traits les plus marquants de Dhaka — et sans doute du Bangladesh en général — est ce brouhaha permanent qui s’étire le long des voies ferrées. Ici, les rails ne sont pas qu’un axe de transport : ils deviennent un véritable milieu de vie. Souvent coincés entre deux bazars animés, ils accueillent tout un monde… et parfois même un nouvel ami.

Depuis mon arrivée à Dhaka, je m’y suis aventuré à plusieurs reprises. Chaque visite fut une immersion totale. Une immersion positive, dois-je préciser. Bien que quelques jeunes croisés en chemin m’aient conseillé la prudence, je ne me suis jamais senti en danger. Bien au contraire. Encore une fois, j’ai été accueilli par des sourires curieux, parfois étonnés de voir un touriste déambuler là où, pour eux, la vie suit simplement son cours.

Mes sens ont été constamment sollicités. L’itinérance et la pauvreté côtoient des ateliers d’ébénisterie improvisés à ciel ouvert. Des marchés de poissons s’installent directement sur les rails, le temps d’un intervalle entre deux trains qui passent toutes les dix minutes. Un va-et-vient incessant, un chaos organisé, une chorégraphie urbaine où chacun connaît instinctivement sa place. Tout s’anime, tout vibre, tout raconte une histoire.

En terminant, je vous invite à porter une attention particulière aux deux dernières photos de cet article. Elles ont été prises pratiquement au même endroit — j’ai simplement dû me tasser pour laisser passer un train — à trente secondes d’intervalle. Deux instants, un même décor, et pourtant deux réalités complètement différentes. C’est peut-être ça, au fond, la magie des rails à Dhaka : en l’espace d’un battement de cœur, la scène change, mais la vie continue.

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Shipyard et « Made in Bangladesh »