Where the streets have no name…

Rassurez-vous, cet article n’est pas un hommage au célèbre groupe irlandais U2, et je ne vous pousserai pas la chansonnette aujourd’hui.

Je veux plutôt vous parler de ma manière de me laisser porter lorsque je marche dans une ville où je n’ai presque aucun repère. Une ville dont les rues ne me disent rien, dont les quartiers n’existent encore que comme de simples impressions.

Bien sûr, il y a toujours ce fidèle Google Maps pour me conduire jusqu’à un point de départ. Mais une fois arrivé, je ferme presque la carte mentalement. À partir de là, je me fie à l’instinct. Mon regard se laisse attirer par une lumière qui découpe une façade, par une silhouette qui traverse une ruelle, par un fragment de vie qui se déroule sous mes yeux.

Je plonge alors tête première dans le dédale des marchés et des petites rues qui s’entrecroisent. Un labyrinthe vivant où chaque coin de rue peut révéler une scène du quotidien. Très vite, je perds la notion de l’endroit exact où je me trouve. Et, au fond, cela n’a plus aucune importance. Les noms de rue disparaissent. De toute façon, ici, les indications sont rares… parfois inexistantes.

Appareil photo à la main, je butine d’une scène à l’autre. Je m’arrête, j’observe, je déclenche… puis je repars. Au passage, je prends le temps de faire connaissance avec les gens qui croisent mon chemin — et mon objectif. Les conversations sont brèves. La barrière de la langue complique parfois les échanges, mais un sourire, lui, se traduit dans toutes les langues.

La règle d’or

Souvent, c’est pendant ces errances improvisées que je découvre les plus beaux trésors.

En photographie, il existe une règle essentielle pour espérer capturer des images dont on sera fier : la patience.

Il m’arrive fréquemment d’attendre devant une scène qui semble prometteuse mais incomplète. Tout est là : la lumière, le décor, l’atmosphère… sauf l’élément humain. Et alors, au moment où je m’apprête presque à abandonner, la magie opère. Comme l’a si bien décrit Henri Cartier-Bresson avec son célèbre « moment décisif », quelqu’un entre dans le cadre. Un acteur inattendu surgit, traverse la scène… et l’image prend vie.

Ma patience est récompensée.

Derrière plusieurs de mes photos, il y a souvent cette histoire simple : moi, debout au coin d’une petite ruelle que presque aucun touriste n’emprunte, loin des sentiers battus, attendant silencieusement que la magie se produise.

Je quitte cette ville avec des souvenirs inoubliables…

Prochaine destination : la mégacité indienne de Mumbai. 🌏📷

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