Varanasi, Bénarès, Kashi

Les retrouvailles

Il existe des lieux qui ne s’expliquent pas. Ils se ressentent.
Et pour moi, cet endroit porte trois noms : Varanasi, Bénarès, Kashi.

Ici, au cœur de la capitale spirituelle de l’Inde, la ville sacrée de Shiva, quelque chose m’échappe… et en même temps me traverse. Je ne pratique aucune religion, et pourtant, chaque fois que je pose le regard sur le Gange, une forme de silence intérieur s’impose.

Debout au sommet du Ghat Dashashwamedh, je me suis arrêté.
Le temps aussi.

Un frisson m’a parcouru. Le même que lors de ma première visite, deux ans plus tôt. Comme si la ville m’avait reconnu.

Le jour se lève

À six heures du matin, Varanasi se révèle autrement.
Là où, quelques heures plus tard, la foule débordera d’énergie, règne encore une douceur fragile.

La lumière s’étire lentement sur les murs ocres.
Elle glisse sur les marches rouges et blanches des ghats.
Tout semble en suspens.

Un décor parfait. Presque trop parfait.
Comme une scène vide, en attente de ses acteurs.

Puis, doucement, la vie apparaît.
Un homme qui prie. Une silhouette qui se lave dans le fleuve. Un regard perdu dans l’horizon. Chaque geste devient une histoire, chaque instant une image que je tente de capturer d’un simple clic.

Chaque ghat possède son âme, ses rituels, ses secrets.
Et je sais déjà que cette semaine ne suffira pas à tous les raconter.

Me perdre, voilà ce que je cherchais

Mais Varanasi ne se résume pas à ses ghats.
Elle se vit aussi dans ses entrailles.

Ses ruelles étroites, sinueuses, presque vivantes.
Un labyrinthe où même mon GPS a fini par abandonner.

Ici, deux scooters qui se croisent, quelques piétons, une vache nonchalante… et le chaos s’organise. Un embouteillage improvisé, ponctué de klaxons et d’arguments.

Et puis il y a ces “cadeaux” laissés au sol par ces mêmes vaches, omniprésentes. Mieux vaut regarder où l’on met les pieds.

Je cherchais un barbier.
Une simple coupe de barbe.

Mais Varanasi en avait décidé autrement.

Au détour d’une ruelle, je suis tombé sur un sadhu.
Le temps s’est encore ralenti.

Un homme calme, presque immobile.
Un regard profond, apaisant.

Nous avons échangé quelques mots. Rien de complexe.
Puis une accolade. Sincère. Inattendue.

Le genre de moment qu’on ne planifie pas.
Et qu’on n’oublie jamais.

Dans mon élément

Très tôt dans la journée, j’ai compris.

J’avais retrouvé ce que je cherchais depuis mon arrivée en Inde du Sud.
À Goa. À Kochi.

Ce rythme. Cette énergie. Cette évidence.

La lumière.
Les visages.
Les couleurs.
Les contrastes.

Tout s’aligne.

Comme sur un plateau de tournage à ciel ouvert.
Et dans ma tête, une voix s’élève :

« Silence… on clique. »

Le tournage ne fait que commencer.
Il durera une semaine.

Une semaine d’émotions, d’histoires, de fragments de vie que je tenterai de capturer… et de vous transmettre.

Voici les premières images de ces retrouvailles avec cette ville qui, encore une fois, m’a saisi.

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