Welcome to Kathmandu
Après douze jours à explorer le Bangladesh — à apprivoiser le chaos vibrant de Dhaka et la douceur saline de Cox’s Bazar — j’ai remis les pieds en Inde pour près d’un mois.
Kolkata, toujours aussi inspirante. Mumbai, démesurée, débordante de vie. Le sud, avec Goa et Kochi, qui m’a doucement bousculé hors de mes repères. Et puis Varanasi… l’intense, la magnétique, ma bien-aimée. Celle où, étrangement, je commence à me sentir chez moi, comme un retour plutôt qu’un départ.
Mais cette fois, j’ai quitté l’Inde — temporairement. J’y reviendrai dans quelques semaines, comme on revient voir une vieille amie, pour quelques jours avant de reprendre le chemin de la maison.
Car entre-temps, un rêve m’attendait.
Depuis l’adolescence, un nom résonne en moi avec une promesse d’ailleurs : Katmandou.
Une ville marquée par le séisme de 2015, mais qui se dévoile aujourd’hui comme un musée à ciel ouvert, vivant, imparfait, profondément humain. Une ville que je ne comprends pas encore, mais que je commence doucement à ressentir.
La vallée du Népal, lovée au pied de l’Himalaya, m’accueille pour la première fois.
Et déjà, quelque chose s’installe.
À peine deux jours se sont écoulés, et pourtant, je me sens bien. Les repères apparaissent tranquillement. Les visages deviennent familiers. Les échanges, simples et sincères, laissent déjà une empreinte.
Je le sens : cette histoire ne fait que commencer.
Fini les sueurs
Le corps aussi respire différemment ici.
Il y a encore quelques jours, le soleil implacable de Varanasi écrasait tout sur son passage, avec ses 37 degrés étouffants. Ici, la chaleur se fait plus clémente, presque bienveillante : 27, 28 degrés le jour… et des nuits qui redescendent autour de 15.
Plus besoin de climatiseur ni de ventilateur.
Le sommeil redevient profond. Réparateur.
Les journées commencent sans cette sensation d’être déjà vidé par la chaleur. Le rythme ralentit. La ville semble respirer autrement. Moins de klaxons, moins d’agitation — même si, soyons honnêtes, l’Asie n’est jamais bien loin derrière ce calme apparent.
Mais il y a quelque chose ici… une forme de douceur.
Une impression que le temps accepte, enfin, de marcher à mes côtés.
Un premier jet
Ces premières 36 heures, je les ai vécues comme je les aime : sans plan précis.
Marcher. Observer. Me perdre un peu.
Déambuler dans les rues, explorer des fragments de cette ville immense, capter des détails. Certaines structures, fragiles, presque suspendues dans le temps, racontent des siècles d’histoire. Des bâtiments qui penchent, qui craquent peut-être, mais qui tiennent encore debout — comme des témoins silencieux.
Je n’avais qu’un objectif : prendre le pouls.
Laisser mon regard s’habituer à ce nouveau décor. Apprendre à lire ces visages, ces gestes, ces silences. Comprendre, sans vraiment chercher à comprendre.
Je vous partage ici quelques images.
Sans lien apparent, sinon celui d’avoir su, chacune à leur manière, accrocher mon regard.
Katmandou…
Toi et moi, on commence quelque chose. Je le sens déjà.
Le prochain article — si les antennes cellulaires décident de collaborer — prendra un peu d’altitude.
À 2 200 mètres.
À la hauteur du paysage.
À la hauteur du moment.
À la hauteur de mes 60 ans.